22/06/2011

Des bâtons dans les roues

L'APF appelle à résister à une proposition de loi

qui déroge à la liberté de circuler !

 

Rendez-vous sur : www.desbatonsdanslesroues.org

 

La proposition de loi Paul Blanc, visant à améliorer le fonctionnement des MDPH, revient sur un acquis fondamental pour les personnes en situation de handicap : l’obligation d’accessibilité. Cette proposition de loi a été votée en février 2011 en première lecture au parlement.

La loi handicap de 2005 constituait sur ce point un progrès de société en prévoyant notamment que tous les établissements recevant du public soient accessibles à tous. Aujourd’hui et malgré de vives protestations, les lobbies de l’immobilier et de l’hôtellerie ont obtenu de certains parlementaires la possibilité de déroger à ce principe.

Cette mesure constitue un grave recul social et une entrave évidente à la liberté de circuler des personnes à mobilité réduite.

Alors que cette proposition de loi va passer en seconde lecture au Sénat le 28 juin prochain, l’Association des Paralysés de France (APF) appelle à une mobilisation générale avec une campagne sous forme de pétition et d’interpellation des parlementaires : Des bâtons dans les roues.

 

Cette campagne, réalisée par BDDP Unlimited, démarre cette semaine et se déploiera à travers 3 annonces de presse quotidienne et magazine, des affiches, des tracts et un blog : www.desbatonsdanslesroues.org .

 

En février dernier, l’Assemblée nationale votait en première lecture – confirmant le vote du Sénat de juin 2010 – la proposition de loi Paul Blanc tendant à améliorer le fonctionnement des maisons départementales des personnes handicapées et portant diverses dispositions relatives à la politique du handicap. Dans celle-ci était confirmé le vote du Sénat : des amendements inadmissibles introduisant et élargissant des dérogations à l’accessibilité du cadre bâti neuf.

L’APF ne peut accepter une telle brèche dans l’application du principe fondamental de la conception universelle de l’accessibilité !

 

L’association rappelle que :

-       Le surcoût lié à l’accessibilité dans la construction de bâtiments neufs n’excède pas 1% selon la Banque mondiale (Design for all : implications for bank operations, octobre 2008).

-       Le principe d’accessibilité ne répond pas à une demande catégorielle émanant d’un public spécifique. Il constitue aussi un enjeu de société en termes d’urbanisme et d’aménagement du territoire : personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, voyageurs avec une valise encombrante… chacun est concerné. Sans compter le confort procuré aux personnes valides.

-       Rendre accessible c’est tout simplement rendre les personnes libres de se déplacer, rompre l’isolement, permettre la rencontre des différences dans la société et donc lutter contre les préjugés. Le « vivre ensemble » n’est pas négociable.

-       Personne n’a concrètement réussi à prouver qu’il n’était pas possible de rendre une construction neuve accessible pour des raisons techniques. Ce qui apparaît infaisable ou coûteux est en fait plutôt lié à une méconnaissance de la règlementation et à un manque de formation car des solutions techniques existent. Un bâtiment doit s’adapter aux besoins des hommes, et non l’inverse.

-       La conception universelle, où se conjuguent qualité d’usage et esthétique, doit se concrétiser dans les pratiques des architectes, et donc toute vision médicale de l’accessibilité doit en être bannie.

 

A quelques jours de la seconde lecture au Sénat de la proposition de loi Paul Blanc, l’APF lance donc une campagne publique de mobilisation dénonçant le recul inacceptable que constituent des dérogations dans l’accessibilité en matière de respect des droits fondamentaux des personnes en situation de handicap.

L’association appelle le grand public à dire « Oui à la conception universelle ! Non aux dérogations ! »

L’APF interpelle également les parlementaires dans un courrier et leur demande solennellement de s’engager publiquement à :

-       soutenir sa proposition d’amendement pour le respect du principe de conception universelles lors de la seconde lecture de la proposition de loi Paul Blanc ;

-       retirer les amendements demandant des dérogations et/ou mesures de substitution dans le cadre bâti neuf.

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